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The Briton, Study

L'étude du breton

livres en breton

L'étude du breton

VIIIème
Les plus anciens écrits que nous ayons en breton sont de la fin du VIIIème siècle (manuscrit traitant de médecine conservé à la bibliothèque de Leyde aux Pays-Bas). A la période du vieux-breton succède celle du moyen-breton (du XIIème au XVIIème siècle), puis celle du breton moderne. L'époque charnière entre le moyen-breton et le breton moderne voit l'édition de nombreux dictionnaires et de grammaires. Si elle n'est plus parlée par les élites, la langue bretonne fait néammoins à l'époque l'objet d'études de la part d'intellectuels.


XVIème au XVIIème siècle
Déjà en 1499 était paru le Catholicon de Jehan Lagadeuc, premier dictionnaire breton-français-latin. Le Père Maunoir, auteur d'une grammaire en 1659, apporte des modifications à l'écriture de la langue en notant systématiquement les mutations et en imaginant la graphie "c'h" pour la différencier du "ch" des emprunts français. Les dictionnaires et les grammaires de Grégoire de Rostrenen ou de Dom Le Pelletier au XVIIIème siècle, puis les travaux de Le Gonidec ou de La Villemarqué au XIXème, donnent peu à peu au breton un standard écrit moderne.


XXème siècle
Au XXème siècle le mouvement de standardisation et de modernisation de la langue se poursuit grâce au travail de François Vallée et surtout de Roparz Hemon. La seconde moitié du XXème siècle voit l'éclosion de nombreux ouvrages lexicographiques : le monumental Dictionnaire Historique de la langue bretonne de Roparz Hemon, des dictionnaires bilingues français-breton (les dictionnaires de Le Gléau, Favereau, etc.) ou breton-anglais (de Delaporte), et des travaux terminologiques dans plusieurs domaines spécialisés (anatomie, économie, etc.). A la fin du XXème siècle paraît le premier dictionnaire monolingue de breton, travail collectif, suivi peu après d'un deuxième ouvrage plus fourni, parus tous deux aux éditions An Here.


Ecrire en breton

XIème au XVIème siècle
Le breton ayant cessé tôt d'être la langue des élites politiques (le dernier duc brittophone, Hoel de Cornouaille, vécut au XIème siècle), les littérateurs bretons n'ont pu bénéficier de leur appui, comme cela se passait par exemple au Pays de Galles au Moyen-Age. Il y a néammoins certainement eu de tels écrivains, poètes ou bardes, qui utilisaient des techniques élaborées de rimes internes comparables à celles du gallois. On en retrouve la trace dans les mystères médiévaux, pièces en vers à thème souvent religieux. Parmi les plus connus, on peut citer le Dialog etre Arzur Roe d'an Bretounet ha Guynglaff (dialogue entre Arthur roi des Bretons et Gwenc'hlan, 1450) ou le Mirouer de la Mort (composé en 1519).


XIXème siècle
Il existait sans doute aussi une littérature populaire orale dont nous n'avons connaissance qu'à partir du XIXème siècle, lorsque les premiers collecteurs se mettent en quête de chansons et de contes.
Ce XIXème siècle est notamment illustré par la parution, en 1849, du Barzaz Breiz, recueil de chants populaires collectés par La Villemarqué, ou par l'édition des contes recueillis par F. Luzel. Parallèlement se développent des écrits originaux en breton, comme Emgann Kergidu, qui retrace les combats de la chouannerie dans la région du Leon. Tout au long de cette époque, un ouvrage, plusieurs fois réédité et remanié, exerce son influence sur la population brittophone. Il s'agit de Buhez ar sent, qui retrace pour chaque jour de l'année la "Vie des saints" et en tire une leçon de morale chrétienne. Cet ouvrage, lu et relu, se trouve alors dans presque chaque foyer.
La langue écrite, qui au Moyen-Age était la même dans toute la zone brittophone, prend alors plusieurs formes, variant selon le dialecte que l'auteur cherche à transcrire. L'unification de ces différents standards écrits se fera petit à petit et n'est effective que depuis le milieu du XXème siècle.


XXème siècle
Au début du XXème siècle, la littérature retient les noms de Malmanche pour le théatre et de Kalloc'h pour la poésie. Puis la revue Gwalarn, créée en 1925, sera à l'origine d'une littérature bretonne moderne, avec le nouvelliste Jakez Riou ou les romanciers Abeozen et Youenn Drezen. De nouveaux genres, inconnus en breton jusque là, trouvent leur place dans cette revue. Après la deuxième guerre mondiale, la revue littéraire Al Liamm reprend le flambeau de Gwalarn et continue, avec d'autres (Brud, Brud Nevez...), la publication des oeuvres de nouveaux écrivains . Dans la deuxième moitié du XXème siècle, on peut citer le nouvelliste Ronan Huon, le conteur Per Jakez Helias, ou la poétesse Anjela Duval. De nombreuses œuvres sont traduites des littératures étrangères : Soljenytsin, Tolkien, E.A. Poe, Tchekhov…