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Langues régionales ; culture et patrimoine

Langues régionales : le cas français examiné à Bruxelles et Genève

Tanguy Louarn

Le Parlement européen et le Conseil économique, social et culturel des Nations Unies se penchent sur la transcription dans le droit français des textes internationaux.

Dans un rapport rendu public au printemps, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), une instance du Conseil de l'Europe, relève que la transcription en droit français du droit international est toujours incomplète.en matière de reconnaissance du concept de "discrimination linguistique". Et ceci bien que l'article 21 de la Charte européenne des droits fondamentaux, incluse dans le Traité de Lisbonne, interdise toute discrimination pour une série de raisons, dont la langue.

Trois domaines

"On entend par "racisme", la croyance qu'un motif tel que la "race", la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l'origine nationale ou ethnique justifie le mépris envers une personne ou un groupe de personnes" rappelle l'ECRI.

Le 1er juin, deux représentants d'ELEN (European Language Equality Network), le Breton Tangi Louarn et l'Occitan Alexis Quentin ont été auditionnés par des députés du Parlement européen à Bruxelles, pour évoquer les questions de discrimination des locuteurs de langues régionales en France, dans trois domaines : l'éducation, les médias et la vie publique.

Une réponse attendue. 

Lundi 6 juin, MM. Louarn et Quentin sont aussi intervenus, sur ces mêmes questions, cette fois devant le Conseil économique, social et culturel des Nations Unies, à Genève.

Au cours de cette séance, deux experts indépendants du Comité, un Espagnol et un Colombien, ont directement interpellé l'importante délégation française. "L'expert espagnol s'est étonné de la position française selon laquelle la modification constitutionnelle qui fait des langues régionales un patrimoine de la France (article 75-1) ne crée aucun droit ni aucune liberté que la Constitution garantit, rapporte Tangi Louarn, cet expert s'est aussi interrogé sur la lecture restrictive de droits que fait la France de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires."

source : http://www.ouest-france.fr/bretagne/langues-regionales-le-cas-francais-examine-bruxelles-et-geneve-4281239/

L'Assemblée nationale se prononce en faveur de la ratification de la Charte des langues régionales         

Yann Bevant, rener departamant ar saozneg ha kreizenn ar studioù iwerzhonek. Gwendal Denez, eil rener an departamant brezhoneg e Roazhon 2 (C. Le Dévéhat)

La proposition de loi présentée par le député Jean-Jacques Urvoas visant à modifier la Constitution et permettant ainsi de ratifier la Charte européenne des langues régionales, a été adoptée le 28 janvier par l'Assemblée nationale.


Pierrick Massiot, Président du Conseil régional de Bretagne, et Lena Louarn, Vice-présidente déléguée aux langues de Bretagne se sont félicités de cette heureuse initiative.

« Depuis quinze ans, les multiples initiatives politiques prises pour lever l’obstacle constitutionnel ont été toutes vouées à l’échec. Or, il est temps de clarifier le statut des langues régionales et de mettre fin à cette insécurité juridique. La démarche entreprise aujourd’hui par Jean-Jacques Urvoas permet d’ouvrir une fenêtre législative. Un petit pas de très bon aloi après la signature du Pacte d’avenir pour la Bretagne, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 13 décembre 2013 à Rennes, où les langues de Bretagne trouvent leur place. Une convention spécifique qui leur sera dédiée est d’ailleurs en cours d’élaboration. La présence d’une langue régionale ne peut pas être vécue comme une atteinte à la souveraineté. Nos langues et cultures régionales sont notre patrimoine commun, une partie du patrimoine de l’Humanité. Elles constituent une richesse pour l’avenir. Ratifier la Charte européenne des langues régionales permettra de retrouver une relation sereine avec nos langues et d’assurer leur avenir comme lien social vivant. Au nom de la Bretagne, je félicite les parlementaires qui ont su dépasser les clivages et ouvrir la voie à l’usage de nos langues dans la vie sociale, publique et professionnelle. Je remercie l’ensemble des acteurs qui se sont mobilisés. Aujourd’hui, soyons plus que jamais fiers de notre culture, de notre histoire et de notre diversité linguistique ».

Pierrick Massiot, Président du Conseil régional de Bretagne

source : "http://www.bretagne.fr/internet/jcms/prod_205130/l-assemblee-nationale-se-prononce-en-faveur-de-la-ratification-de-la-charte-des-langues-regionales?lg=fr


Komzet e vo brezhoneg e skol-veur Harvard

Yann Bevant, rener departamant ar saozneg ha kreizenn ar studioù iwerzhonek. Gwendal Denez, eil rener an departamant brezhoneg e Roazhon 2 (C. Le Dévéhat)

Yann Bevant, rener departamant ar saozneg ha kreizenn ar studioù iwerzhonek. Gwendal Denez, eil rener an departamant brezhoneg e Roazhon 2 (C. Le Dévéhat)

Un emglev a zo bet sinet etre departamant ar brezhoneg hag ar studioù keltiek Roazhon 2 hag Harvard. A-benn 2014 e vo kelennet brezhoneg e skol-veur vrudetañ ar bed.

Reuz en deus graet ar c’heloù-se. E-barzh Libération, Le Monde, an Huffington Post ha memes e Glamour e c’haller lenn ez eus bet sinet un emglev etre skol-veur  Roazhon 2 hag Harvard. Gwir eo e c’hell ar c’hemenn-se bezañ souezhus.
Tri bloaz zo, e oa bet Yann Bevant, rener departamant ar saozneg ha kreizenn ar studioù iwerzhonek, e Cambridge, Massasuchetts, e reter ar Stadoù-Unanet, evit klevet ur c’hendiviz  war ar studioù keltiek. E gevelebez amerikan, Catherine Mc Kenna, a oa deuet war-lerc’h e Breizh ha ganet e oa buan a-walc’h mennozh ur c’hevelerezh etre an div skol-veur. Skoazellet eo bet ar raktres gant kêr Roazhon, ha Meurgêr Roazhon.

« Meur a boent a zo e-barzh an emglev-se, eme an hini a zo ivez enklasker e kreizenn an enklaskoù breizhek ha keltiek (KEBK). An hini kentañ a sell ouzh kelenn ar brezhoneg e Harvard. Ur sizhunvezh kentelioù a vo roet, gant yezhoniezh met ivez prezegennoù diwar-benn sevenadur hag Istor ar vro. » « N’hallomp ket kelenn ar yezh hep kaozeal eus ar sevenadur », a gendalc’h Gwendal Denez, eil rener an departamant brezhoneg e Roazhon 2. Ar sizhunvezh kelenn-se a vo roet ur wech bep daou vloaz, d’an nebeutañ, ha kroget e vo e miz Gwengolo 2014, « a-raok kollok bras an enklaskoù keltiek ».

Eil poent an emglev, « tu a vo deomp da gas studierien ha kelennerien du-hont, evel Erasmus e-maez Europa ». E-pad tri pe c’hwec’h miz, e teuio studierien amerikan e Breizh hag ar re a zo oc’h heuliañ ur master pe un doktorelezh e Roazhon a c’hello mont da studiañ e Harvard ha dizoleiñ al levraoueg, « dindan zouar ha bras evel meur a dachenn football », o deus soñj Yann Bevant ha Gwendal Denez. Kavet e vez memes Guiness war douar divroañ an Iwerzhoniz. « Etre daou soñj e oamp p’hon eus gwelet ar boued avat ! »

Ur fazi istorel dic’haouet

Met peseurt interest a zo gant Harvard o kelenn brezhoneg ? « Ar memes hini hon eus ni. Ar brezhoneg eo ar yezh keltiek nemeti ha ne vez ket kavet er broioù saoznek. Setu perak ne vez ket kelennet er skolioù-meur saoz. Gant an emglev-se e vez dic’haouet ur fazi istorel », a respont, fier-ruz, Yann Bevant.
Ur yezh vev eo ar brezhoneg, ha se en deus dedennet Harvard ivez. « Da lavaret eo ez eo kement ha bezañ anavezet gant skol-veur vrudetañ ar bed, a asur Gwendal Denez. Ha se ‘ra plijadur d’ar vrezhonegerien. Posteloù a zo bet kaset deomp gant tud n’o deus netra da welet gant bed an deskadurezh. Lavaret a reont deomp e tegas en-dro dezho o  emvrud. » Anaoudegezh ar brezhoneg gant ur skol-veur brudet a zo ivez un digoll « d’ar re a lavar ne servij da netra komz brezhoneg. Bremañ e c’hellomp lavaret dezho, ya, gant ar brezhoneg e c’hellez mont da Harvard. » Ur benveg kehentiñ evit Roazhon 2 eo ivez ar c’hevelerezh-se. « Ar spi a zo ganeomp sachañ studierien nevez er bloavezhioù da zont », a gloz Yann Bevant.

Pauline Kerscaven

source : "http://metropole.rennes.fr/actualites/les-themes/education/komzet-e-vo-brezhoneg-e-skol-veur-harvard/"


Les langues de Bretagne, état des lieux

Après avoir été fragilisées depuis le milieu du XIXe siècle, les langues de Bretagne (le breton et le gallo) considérées par l’Unesco « sérieusement en danger », retrouvent peu à peu leurs places dans la société bretonne. Aujourd’hui, 5,5 % de la population bretonne parle breton dans les cinq départements (chiffre 2007). Collectivités, monde associatif, médias et nombreux bénévoles œuvrent pour développer ces langues régionales et préserver la richesse représentée par ce patrimoine. 

http://www.bretagne.fr/internet/jcms/c_16790/langues-de-bretagne

Les langues, patrimoine de la Bretagne

Le breton est une langue celtique du groupe brittonique, arrivée en Bretagne avec les migrations des Bretons en provenance de l’actuelle Grande-Bretagne, entre le Ve et le VIIe siècle. Il y a cent ans, plus d’un million de personnes parlaient breton, elles sont cinq fois moins nombreuses aujourd’hui : 206 000 locuteurs selon un sondage (Fañch Broudic – TMO) de 2007, soit 5,5 % de la population de la Bretagne historique, aux trois-quarts âgés de plus de 70 ans. Le gallo est, comme le français, une variété de la langue d’oïl. La langue d’oïl appartient au groupe gallo-roman. Entre 2 à 5% de la population bretonne parleraient gallo.

Ar radioioù en brezhonez
les radios en langue bretonne en direct

BZH war eeun

Ce projet a débuté en 2003, sous l'impulsion des radios et la volonté de l'association Stalig de participer au développement de la culture bretonne. Enfin, en septembre 2004, il voit le jour... et vous pouvez maintenant écouter nos radios en direct, partout dans le monde.

Écoutez ...

Bali Breizh
France 3 Bretagne

logo france 3

'Benn disul, setu un teul-film diwarbenn Marsel Gwillou, kaner kan-ha-diskan brudet mat er vro. Ganet e 1930 e Lañruen, Marsel Guillou zo chomet a-hed e vuhez war atant e dud ha dalc'hmat neus bet kanet er festoù-noz.
Un teul-film bet savet gant Bastian Gwillou.

Regardez ...

Un rapport préconise une meilleure promotion des langues régionales

astérix en breton

Un rapport remis le 15 juillet à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti  par le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne propose le vote par le Parlement d'une loi pour « affirmer l'importance » des langues basque, bretonne, alsacienne ou kanake.


La promotion des langues régionales doit être améliorée en France afin d'enrayer leur déclin, suggère un rapport remis cette semaine au ministère de la Culture. Il propose le vote d'une loi à « haute valeur symbolique » pour « affirmer l'importance » des langues basque, bretonne, alsacienne ou kanake. Ce rapport a été réalisé par le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, présidé par le conseiller d'Etat Rémi Caron.

Sensibiliser. 
Il propose aussi de lancer une campagne de communication nationale, d'améliorer l'information sur l'enseignement bilingue. Le comité suggère également de mettre davantage en avant l'existence des langues régionales dans les cours d'histoire-géographie, et de faciliter l'accès au patrimoine numérisé en langues régionales.


Un traitement différencié selon les langues.
Le comité distingue les langues à "forte vitalité" et celles à faible diffusion. Ainsi, les premières, où l'enseignement bilingue est connu, sont l'alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse et l'occitan. Au contraire, le flamand, le gallo ou le franco-provençal ne peuvent être apprises que dans « un nombre limité d'établissements ».

Quant à l'Outre-mer avec le Tahitien, les différents créoles, les langues kanakes ou amérindiennes de la Guyane, il doit bénéficier d'une « approche spécifique » car le français y est souvent la deuxième langue. « Chaque enfant doit pouvoir apprendre à lire et à écrire dans sa langue maternelle », insiste le comité. D'autres langues, notamment celles d'oil, proches du français, n'ont plus guère aujourd'hui qu'une valeur patrimoniale.

Financer.
Le comité suggère de financer les écoles associatives et d'ouvrir aux langues régionales les aides publiques aux industries culturelles, comme les bibliothèques. 

Sauvegarde des langues régionales

strasbourg, sauvegarde des langues régionales

Strasbourg, le 11 septembre 2013.

Le Parlement européen vient d'adopter un rapport sur la sauvegarde des langues régionales en danger et la promotion de leur utilisation. En adoptant ce rapport dont l'auteur est François ALFONSI, membre du Groupe des Verts/ALE, le Parlement européen considère les langues régionales comme partie intégrante de la richesse du patrimoine culturel de l'UE.     

A l'issue du vote, François ALFONSI, député européen, a estimé que :
 
"Le rapport sur les langues européennes menacées de disparition mis au vote aujourd'hui a été adopté à une écrasante majorité et je m'en félicite.
 
L'Europe est l'un des continent où la diversité linguistique et culturelle est particulièrement riche. Ce patrimoine est composé des langues officielles mais aussi de plusieurs dizaines de langues qui sont aujourd'hui menacées de disparition, selon l'inventaire tenu par l'UNESCO.
 
Le Traité de Lisbonne a élargi le champ de compétences de l'UE pour contribuer à l'épanouissement des cultures nationales et régionales. Ce rapport d'initiative réenclenche une dynamique en faveur de la promotion et du soutien à la sauvegarde de ces langues.
Quand une langue disparait, c'est un pan du patrimoine européen qui disparait,  il est donc de la responsabilité de l'UE d'agir pour sa sauvegarde !
 
Ce rapport interpelle les États membres, parmi lesquels la France, qui refusent encore de prendre les mesures nécessaires, à commencer par la ratification de la Charte Européenne des langues régionales et minoritaires. Le rapport demande de relancer une politique européenne en faveur des langues en danger, et de soutenir les programmes de sauvegarde des langues en danger menés par les communautés linguistiques concernées."

Le rapport a été voté à 645 voix pour, 29 contre et 26 abstentions 
Le texte, adopté à une très large majorité, a rassemblé le soutien actif de députés issus de groupes politiques et de régions d'Europe très différents.

RAPPORT
sur les langues européennes menacées de disparition et la diversité linguistique
au sein de l'Union européenne
(2013/2007(INI))

logo commission européenne

Commission de la culture et de l'éducation
Rapporteur: François Alfonsi

SOMMAIRE

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPEEN  .........p. 3

RÉSULTAT DU VOTE FINAL EN COMMISSION ....................    p 12


Contenu du rapport ...