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Les Bretonnismes

Définition ...

bretonnismes, du café vous aurez ?

Un bretonnisme désigne une tournure propre à la langue bretonne passé dans la langue française ; un idiotisme breton, comme le gallicisme est un idiotisme français. Il peut s'agir alors d'une tournure grammaticale traduite mot à mot et qui peut choquer certains francophones (« j'ai envoyé mon fils avec moi ») ou d'un mot breton passé dans le français local (« entendre son pegement », « être dans le lagenn », « avoir du gwerzh-butun »).

Un bretonnisme peut également désigner une tournure de la langue bretonne utilisée dans le français local de Bretagne, vue par les francophones comme un régionalisme du français, tout comme un québécisme est une tournure propre au français québécois, à la différence notable que le bretonnisme n'est pas d'origine française.

Exemples de bretonnisme courant :

"Du café tu auras ?" : "veux-tu du café ?"
"Ça va faire du reuz" : ça va faire du bruit, du buzz.

Le sur-emploi des pronoms "celui-ci", "celle-ci" quand on parle de quelqu'un.

Où les trouve-t-on ?

tout le monde a son ticket dans le derrière

Dans le parler populaire, mais aussi scolaire, ce qui a étonné beaucoup de professeurs de français... On les trouve dans les conversations de chaque jour, dans chaque ville de Bretagne. On entend en permanence des mots, des expressions, des phrases à la syntaxe surprenante pour nos visiteurs et utilisés couramment en français local. Bien souvent, nous ne nous en rendons plus compte...

Suivant les départements et les pays, on emploie parfois des mots hérités du breton pour désigner la même chose...
Quand on emploie ces mots, c'est bien souvent de la connivence. On est entre nous... et ça fait d'autant plus plaisir si, en plus, il y a quelqu'un à côté qui ne les comprend pas!

Il semblerait que l'on fasse un usage immodéré des «avec» et des «toujours»...
Effectivement. On va dire: «Il fait beau toujours», ce qui ne veut pas dire qu'il fait tout le temps beau, mais qu'«il fait beau, tout de même!». «Toujours» a trois sens en breton. En français, la structure de la phrase est carrée: sujet, verbe, complément. En breton, elle est beaucoup plus souple, plus vivante. C'est d'ailleurs pour cela que les expressions bretonnes traduites en français perdent de leur saveur. Il y a sans doute plus d'images, plus de verbes à employer en breton. On peut également citer «autour». Quand on demande: «Où est ton père?». Si on nous répond: «il est autour du jardin», rassurez-vous, il n'est pas entouré autour de son jardin. Cela veut dire qu'il «s'occupe de».

Est-ce qu'on peut «casser sa soif» en français?
Non, avec un ami historien, nous sommes remontés très loin pour chercher l'origine de cette expression, qui n'existe qu'en Bretagne. Ou alors, en «héritage» de notre région. En français, on peut étancher sa soif, l'apaiser, mais pas la casser. Comme «il n'y a plus rien de toi» ne veut pas dire que la personne n'existe plus. C'est la traduction littérale du breton pour dire: «tu as fondu, maigri». Il y a encore «Il est arrivé au milieu de tout» qui veut dire: «Il est arrivé sans crier gare».

Il faut aussi prendre garde à ne pas trop ruser ses chaussures...
«Ruser» employé dans cette expression n'a pas le même sens qu'en français. En breton, c'est «marcher en traînant ses chaussures».

source : Le télégramme : interview d'Hervé LOSSEC - auteur du livre : "les bretonnismes" - par Gwen RASTOLL

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